Avez déjà regardé une console de mixage en vous demandant « comment peut-on s’y retrouver » ? Si oui, cet article vous fournira peut-être quelques éléments de réponse.
On parle aujourd’hui du routing : c’est le chemin qu’emprunte l’audio dans votre mixeur, que vous utilisiez une console de mixage réelle ou virtuelle, à l’image d’un DAW comme Pro Tools, Cubase ou Logic. Vous êtes perdus entre les termes « bus », « aux », « sends », « L/R », ou « monitors » ? Pas de panique ! Il suffit de suivre les étapes.
À plus dans le bus
Imaginez la situation suivante : vous venez d’équilibrer les volumes entre vos 12 pistes de batterie et voilà que le groupe vous demande d’augmenter le niveau de l’ensemble dans le mix. Plutôt que de relever vos pistes individuelles une à une, il est plus logique de grouper l’ensemble sur une ou deux pistes.
Pour acheminer tous les éléments de votre batterie au même endroit, il suffit de les assigner à un bus. Ce terme désigne tout simplement le circuit qui transportera vos signaux vers une destination appelée auxiliaire (« aux » pour les intimes). C’est dans cet auxiliaire que vous pourrez notamment grouper vos pistes et appliquer des effets sur l’ensemble de votre batterie.
Vous avez d’ailleurs peut-être rencontré l’expression « retour d’effet« . Il s’agit simplement d’un auxiliaire sur lequel un effet est inséré.
Les envois et les line out
Dans l’exemple précédent, vous transportez l’intégralité de votre batterie dans un bus. Il est aussi possible de n’envoyer qu’une partie d’un signal vers un auxiliaire. Pour cela, on utilise des envois, appelés « sends » en anglais. Un send duplique votre signal et l’envoie vers une autre piste ou un auxiliaire.
Les envois ont plusieurs utilités : ils peuvent servir à créer des retours pour des musiciens en session d’enregistrement ; ils permettent aussi d’appliquer un effet à votre signal tout en conservant une copie intacte, ce qu’on appelle un traitement parallèle ; enfin un envoi peut servir à mettre en place un sidechain : il s’agit de faire réagir une piste au signal d’une autre.
Exemple de sidechain : envoyer la grosse caisse vers la piste de basse permet, à l’aide d’un compresseur, de baisser la basse automatiquement chaque fois que la grosse caisse joue en même temps qu’elle.
Les traitements parallèles sont une alternatives aux traitements en insert. En insert, pas question de préserver le signal initial en le dupliquant : on cherche à modifier directement les caractéristiques de notre son d’origine. Pour cela, on dévie le signal de la table de mixage afin de le faire passer par un effet. On fait ensuite revenir le son traité dans le mixeur. Pour parvenir à dévier le signal de notre piste, on utilise la sortie line out à l’arrière de la console.
La sortie, c’est par où ?
C’est bien beau mais comment entendre ce qui passe dans votre console ? En fin de parcours, toutes les pistes que vous voulez entendre dans votre mixage empruntent le bus master pour rejoindre la piste master. Plus simplement, c’est la piste qui contrôle l’ensemble de votre mix, notamment grâce au master fader, un levier de volume général, souvent de couleur rouge.
Il est conseillé de le laisser au même niveau pour garantir une écoute stable, et d’effectuer une première sommation de l’ensemble de vos pistes en amont du master fader. Cela vous permettra d’appliquer les derniers effets communs à l’ensemble de votre mix, tout en gardant sous le coude un ultime contrôle de volume.
Le master fader peut porter plusieurs noms ; on parle parfois de, main ou de L/R pour Left/Right. Il s’agit d’une piste stereo où toutes les pistes destinées à être entendues sont dirigées. Pour faire simple, le master contrôle votre mixage final.
Non loin du master fader, vous tomberez peut-être sur un contrôle appelé « monitor » qui correspond à votre canal d’écoute, parfois différent du master fader. On y branche le plus souvent des enceintes ou un casque. La sortie monitor est particulièrement utile en live : l’ingénieur du son peut s’en servir pour écouter des éléments sonores sans que le public ou les musicien ne les entende.
Conclusion : mettez les pieds dans le patch
Le patch, c’est l’ensemble des connexions nécessaires à obtenir et transporter le son que vous souhaitez. Il est nécessaire de le définir en amont pour travailler avec efficacité. Chaque instrument, chaque micro doit avoir une entrée et une sortie claire.
Cette préparation vous permettra d’être créatif : groupez vos instruments par famille ou en fonction des effets que vous souhaitez leur appliquer ; réservez vous un bus pour les voix et un bus pour l’instrumentale… Après tout, l’essentiel pour une musique, c’est qu’elle circule !

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