Tout le monde a déjà fait l’expérience de chanter dans la salle de bain et de se surprendre à trouver sa voix enjolivée par les échos de la pièce. Voyons en détails comment contrôler ces merveilleuses réflexions qu’on appelle « réverbération » .
Définition : qu’est-ce que la reverb ?
Tout son émis évolue dans un espace. Les ondes sonores se réfléchissent sur les parois et se mélangent au son initial. La reverb, c’est tout simplement l’ensemble des réflexions du son dans la pièce.
On distingue notamment :
- les premières réflexions qui donnent le ton de la reverb. Elles correspondent aux premiers rebonds du son dans la pièce et elles donnent une idée de la taille de l’espace.
- Les réflexions tardives qui prolongent la réverbation (on parle de queue de reverb).
Au fil du temps, ces phénomènes de réflexion ont pu être maîtrisés en studio et émulés de manière digitale. Aujourd’hui, de nombreux programmes permettent de configurer une reverb directement dans son DAW.
Pourquoi utiliser une reverb ?
En enregistrement, on vise souvent à éliminer les réflexions de la pièce pour garantir une bonne définition de la source sonore. L’inconvénient, c’est que nous sommes ainsi privés de la sensation d’un espace naturel.
En mixage, la reverb nous aide à recréer cet espace. Selon le type de reverb utilisé, on pourra donner une impression de réalisme ou exagérer la réalité dans un but artistique. Il est ainsi possible d’allonger un son, lui apporter une dimension massive ou cristalline.
Pour placer les sons dans l’espace grâce à la reverb, on peut s’inspirer de ce que l’on connaît dans la vraie vie : les sonorités lointaines ont plus d’écho que les sonorités proches. On en déduit que la reverb permet de reculer un élément dans le mix et de jouer sur la notion de profondeur. Ce jeu sur la profondeur permet d’adoucir des éléments qui nous semblent trop frontaux, voire agressifs.
Bien qu’il existe plusieurs sortes de réverbération, utiliser une seule reverb commune à plusieurs éléments de votre mix contribue à leur donner de la cohérence. C’est comme si chaque son avait été enregistré dans le même espace.
Les principaux paramètres de la reverb
Voyons maintenant comment configurer notre reverb. Au premier abord, les nombreux réglages peuvent décontenancer. Pas de panique : procédons dans l’ordre en partant d’un son de caisse claire sans aucun traitement. Écoutez les exemples suivants au casque pour entendre chaque nuance.
Le decay
C’est le paramètre principal pour régler la durée de votre reverb. Plus le decay est long, plus la reverb est longue.
Pour trouver la bonne longueur, il faut faire attention à ce que le son réverbéré ne s’étale pas trop sur le reste du son initial, au risque de masquer des notes ou des mots.
Ici, un decay de 2 secondes :
Là, un decay de 5 secondes :
La taille (size)
C’est la taille de la pièce simulée. Ce réglage est contre-intuitif : plus la pièce est petite, plus les réflexions se font entendre. Cela est dû au fait que les murs de l’espace sont plus rapprochés, ce qui amplifie les rebonds du son.
Ici, une pièce de taille modeste (on entend comme un souffle de reverb à l’impact) :
Là, une grande pièce :
La diffusion
Plus un son est diffus, moins il nous semble net. La diffusion agit sur sur la définition de la reverb. Certaines reverbs laissent la possibilité de gérer séparément la diffusion des premières réflexions et des réflexions tardives.
Ici, une diffusion faible (on entend distinctement chaque réflexion) :
Là, une diffusion importante (la reverb est lissée)
Le pre-delay
Ce paramètre permet de retarder légèrement la reverb par rapport au son initial pour éviter de le brouiller. Cela permet de conserver un son clair tout en bénéficiant de l’effet de la reverb.
Ici, un pre-delay à 0 millisecondes :
Là, un pre-delay extrême à 94 millisecondes (l’impact se détache de la reverb) :
Le damping
C’est le niveau d’absorption pour les hautes et les basses fréquences de la reverb. Ce réglage est idéal pour affiner votre réverbération dans votre mix.
Ici, un damping aigu important :
Là, pas de damping aigu (le grésillement de la reverb est plus audible) :
Les filtres
Les filtres vous permettent d’égaliser votre reverb. La plupart du temps, on évitera de réverbérer trop de basses fréquences. C’est dans les graves que se trouvent la basse et la grosse caisse, qui constituent le coeur rythmique du morceau. Pas question de brouiller ces éléments dans de la reverb.
Du côté des hautes fréquences, une réverbération trop marquée peut entraîner une sensation d’agressivité en faisant ressortir les sons sifflants.
Ici, pas de filtre :
Là, un filtre pour retirer le grave de la reverb :
Le Mix (ou Dry / Wet)
C’est l’intensité de la reverb. Lorsque ce réglage est à son maximum, on entend uniquement le son de la reverb.
Ici, le son de la reverb isolé (bouton « Wet » à 100 %)
Conclusion : bien utiliser une reverb
Comme la plupart des outils de mixage, le réglage d’une reverb se fait à l’oreille. Il ne s’agit pas d’appliquer des valeurs mais de sentir si votre réverbération est trop longue ou trop courte, trop audible ou à la limite du placebo, trop grave ou trop aiguë.
Insérer une reverb directement sur la piste du son que vous souhaitez traiter n’est pas une bonne pratique. En faisant cela, le son initial se confond avec le son réverbéré et vous perdez en contrôle.
Mieux vaut insérer la reverb sur une piste auxiliaire, avec le réglage « mix » à son maximum. Il ne vous reste plus qu’à envoyer une copie des différents sons que voulez réverbérer vers cette piste. Cela vous permet de doser le niveau d’envoi et donc le niveau de reverb de chaque élément sans sacrifier le son initial.
Une autre bonne pratique consiste à saturer sa reverb pour la rendre plus audible, ou la compresser pour qu’elle ne devienne pas envahissante.

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