Les types de compresseurs audio : FET, Opto, VCA et plus…

Si vous commencez à mixer vos morceaux, on vous a sûrement déjà conseillé d’utiliser un compresseur. Il s’agit d’un moyen d’ajuster automatiquement la dynamique d’une source sonore, c’est à dire ses écarts de volume. Bien pratique pour éviter qu’un élément du morceau ne sonne soudainement trop fort ou trop faible.

La compression donne du mouvement et offre un contrôle sur le mixage. Pour être efficace, elle dépend de plusieurs paramètres développés dans cet article (treshold, attack, release, ratio…), mais aussi du type de compresseur utilisé. Voyons donc les différentes familles de compresseurs et les contextes dans lesquels vous pouvez vous en servir.

Les compresseurs FET (Field-Effect Transistor)

La version plugin du 1176 par Universal Audio

Les compresseurs FET sont caractérisés par leur rapidité. Grâce à leur temps d’attack très courts, parfois de l’ordre de la micro-seconde, ils sont capables d’intercepter les transitoires les plus rapprochés. On appelle « transitoire » la variation soudaine de volume à l’émission d’un son. De plus, les compresseurs FET offrent un contrôle de release permettant de jouer sur le punch du son. Certains parleront d’agressivité.

Ce type de compresseur est donc naturellement privilégié pour les percussions ou toute autre source dont le volume fluctue rapidement. À noter que plus le signal rentrera fort, plus ces compresseurs « coloreront » le son en leur ajoutant de la distorsion harmonique. À niveau d’entrée plus modéré, un FET gardera une certaine transparence.

Exemples de compresseurs FET : le 1176 ou le 1178.

Quand utiliser un compresseur FET ? : lorsque l’on veut contrôler des variations de volumes soudaines et rapprochées comme celles d’une batterie, d’une percussion, d’une voix rap, d’une guitare acoustique jouée rapidement au médiator…

Les compresseurs optiques ou opto

La version plugin du LA-2A par Universal Audio

Ce type de compresseur contient une petite lampe ou diode qui s’allume en fonction du niveau de la source sonore. La compression est activée par une cellule photoélectrique qui réagit à l’intensité lumineuse de la lampe. Plus le signal d’entrée est fort, plus la lampe brille, plus le signal est atténué à la sortie du compresseur.

Ce fonctionnement a deux conséquences :

  • les compresseurs optiques réagissent plus lentement ;
  • leur niveau de compression n’est pas linéaire.

Ainsi, difficile de contrôler précisément un temps d’attack et de release sur ces machines. Leur lenteur peut créer un effet de pompage sur le son lorsqu’ils sont exposés à un niveau trop élevé. Ceci dit, rien n’empêche de placer un compresseur opto à la suite d’un compresseur FET. Le premier calmera les transitoires les plus vifs pour éviter que le second ne travaille trop.

En contrepartie, les compresseurs optiques offrent des sonorités assez douces. On peut s’en servir pour faire discrètement entrer un élément dans le mix ou allonger la tenue de notes longues.

Exemples de compresseurs optiques : le LA-2A ou le LA-3A (plus rapide), le CL 1B de Tube-Tech

Quand utiliser un compresseur optique ? Ils font des merveilles sur les notes tenues des basses, des pianos, des pads ou des violons. Ils peuvent aussi servir à intégrer une voix dans un mixage sans la faire disparaître sous l’instrumentale.

Les compresseurs VCA (Voltage Controlled Amplifier)

La version plugin du G Comp Stereo Bus par SSL

Les VCA détectent l’intensité électrique du signal reçu. Passé un seuil de détection, cette intensité est atténuée en fonction d’un ratio de compression qui peut être paramétré selon les modèles.

Les compresseurs VCA offrent un contrôle précis sur le son et agissent de manière relativement transparente. On s’en sert donc souvent sur des ensembles d’instruments. Ce traitement groupé donne au mixage des caractéristiques sonores et un mouvement communs qualifié de « glu » .

On distingue les VCA type « feed-forward« , qui compressent le signal tel quel, des VCA type « feedback » qui appliquent une première compression au signal avant de le refaire passer par son détecteur. Les différences peuvent être résumées ainsi :

  • l’architecture feed-forward aura tendance à reculer la source sonore dans le mixage en raison d’une compression plus marquée face à un signal plus fort ;
  • l’architecture feedback est souvent considérée plus musicale en raison de sa compression plus subtile, mais elle offre un contrôle temporel d’attack et de release moins précis.

Exemples de compresseurs VCA : le G Comp Stereo Bus de Solid State Logic, l’API 2500, le dbx 160

Quand utiliser un compresseur VCA ? On s’en sert pour donner de la cohérence à un ensemble d’éléments : les différents composants d’une batterie, des choeurs, la partie instrumentale d’un morceau… Il n’est pas rare de voir des VCA directement placés sur le bus master. Pour en savoir plus sur les bus, n’hésitez pas à consulter cet article.

Les compresseurs Vari-Mu

La version plugin du Fairchild 670 par Universal Audio

Le nom de ces compresseurs vient de la lettre grecque mu (μ) qui désigne le gain en électronique. Un Vari-Mu, c’est un variateur de gain. Jusque là, rien de bien différent des autres compresseurs.

Les Vari-Mu ont plusieurs particularités :

  • leurs circuits intègrent des tubes électroniques (lampes) qui colorent le son en le saturant. Plus le gain d’entrée est élevé, plus la saturation sera marquée. Attention : ce ne sont pas les mêmes lampes que celle du compresseur optique.
  • Le ratio d’un Vari-Mu est variable en fonction du signal qu’il reçoit. Même avec une compression légère, le son de ce compresseur se reconnaît rapidement.

Pour ces raisons, on se sert des Vari-Mu pour donner cette couleur « lampe » au mixage, qui rajoute un peu de bas-médium à la source. On parle d’une machine au son chaleureux et musical, moins rapide qu’un VCA, mais qui peut tout de même contribuer à un effet « glu » quand on l’applique à un ensemble d’instruments.

Les Vari-Mu les plus célèbres sont sûrement les compresseurs développés par Fairchild. La raison est toute simple : ils ont servi sur de nombreux titres des Beatles.

Exemples de compresseurs Vari-Mu : le Fairchild 660 et le Fairchild 670, le Altec 436B ou le Manley Variable Mu.

Quand utiliser un compresseur Vari-Mu ? Sur les groupes d’instrument, sur les voix, sur les cordes, dans le cadre d’un mastering… Pour tout élément que l’on souhaite adoucir et que l’on souhaite teinter du son des tubes.

Conclusion

Vous pouvez désormais adapter votre choix de compresseur à votre source sonore ! N’hésitez pas à essayer plusieurs types de machines lors de votre prochain mixage afin de comparer les résultats obtenus.

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