La compression fait partie, avec l’égalisation, des outils essentiels en ingénierie du son et en production musicale. Pourtant, il s’agit d’une technique souvent difficile à aborder. Cet article propose de comprendre l’intérêt et les principaux réglages d’un compresseur pour améliorer vos enregistrements, mixages et mastering.
À quoi sert un compresseur ?
Un compresseur sert avant tout à contrôler la dynamique d’un signal audio. Plus clairement : compresser un son revient à gérer la différence entre ses niveaux les plus faibles et ses niveaux les plus forts. À l’écoute du signal compressé, on perçoit un volume plus homogène.
Malgré ce contrôle souvent nécessaire, il est important de maintenir un contraste entre les différents volumes de votre morceau afin d’éviter un mixage trop linéaire, pour ne pas dire ennuyeux. Quand on parle de mix « dynamique », on parle de la préservation réussie de ce contraste.
Comment fonctionne un compresseur ?
Il existe différentes familles de compresseurs mais le fonctionnement général est souvent le même : lorsque le niveau d’un son dépasse la valeur d’un certain seuil, il est compressé (comprendre « réduit »).

Un compresseur est donc très sensible aux transitoires (transients en anglais), ces pics soudains de volume, présents dans les premières millisecondes où un son est émis. S’il faut parfois contrôler l’intensité des transitoires, ils restent précieux pour donner du relief et du rythme à un morceau.
En jouant avec les paramètres de la compression, il est donc possible de souligner la musicalité d’un élément du morceau, voire du morceau entier. Voyons maintenant ces paramètres.
Treshold
Le seuil (treshold en anglais) fixe le niveau sonore à partir duquel le compresseur réagit au signal. Plus le seuil est élevé, moins le signal est compressé.

Knee
Le knee ajuste la sensibilité du compresseur autour de la valeur seuil. Un soft knee permet d’obtenir une compression plus progressive et discrète. Un hard knee offre une compression plus franche et instantanée.
Ratio
Le ratio détermine l’intensité de la compression. Il s’exprime sous la forme d’un rapport (2:1, 3:1, 4:1, etc…). Avec un ratio 3:1, un signal supérieur de 3 décibels au seuil sera ramené à 1 décibel au-dessus du seuil après compression. Plus le ratio est élevé, plus le knee sera « hard » et la compression forte.
Le ratio 1:1 est un cas particulier. Avec ce réglage, votre signal passera dans le compresseur sans être compressé. Il sera tout de même modifié par les circuits de la machine, ce qui peut donner des résultats intéressants.
Attack
L’attaque (attack) correspond au temps que mettra le compresseur avant d’atteindre sa valeur de compression maximale. Une attaque rapide capturera immédiatement les transitoires. Une attaque lente les préservera davantage.
Release
La relâche (release) permet de paramétrer le temps mis par le signal pour revenir à son niveau avant d’être compressé. Plus la release est courte, plus le niveau du signal remonte vite. Avec une release lente, la piste mettra plus de temps à regagner son volume d’origine.
Make-up gain
Le gain de compensation (make-up gain) règle le niveau de sortie du compresseur. Comme son nom l’indique, il compense le volume perdu lors de l’étape de la compression. Comme les niveaux les plus forts ont déjà été compressés, augmenter le make-up gain revient à remonter les niveaux les plus faibles.
Sidechain
Le sidechain permet au compresseur de réagir à un signal extérieur. Il est ainsi possible de compresser une grosse caisse en fonction d’une basse pour éviter que ces deux éléments ne rentrent en conflit dans le mix. C’est notamment un sidechain prononcé qui donne cet effet de pompage dans de nombreux morceaux electro.
Sur certains compresseurs, le sidechain permet de ne compresser que les aigus ou les graves du signal. Bien utile pour affiner sa compression.
Comment régler l’attack et la release d’un compresseur ?
Il s’agit tout d’abord d’entendre la compression. Pour cela, n’hésitez pas à exagérer l’effet en réglant votre treshold sur une valeur très basse. Vous pouvez également monter le ratio. Une release courte (moins de 100 millisecondes) vous aidera à entendre la réduction du niveau par la compression et sa remontée rapide.
Maintenant que vous entendez l’effet du compresseur, commencez par régler l’attack. Visez une valeur très courte si vous souhaitez atténuer les premiers transitoires du son (moins de 5 millisecondes). Vous préserverez ces transients avec une attaque plus longue. Le bon réglage se trouve à l’oreille. En paramétrant l’attaque, vous jouez sur le caractère percussif du son.
Vous pouvez alors remonter votre seuil et vous occuper de la release du compresseur. Ici aussi, le réglage se trouve à l’oreille. Vous agissez sur la durée perçue du son. Écoutez la manière dont la note s’achève ou le groove de votre batterie. Le son a l’air traînant et manque de relief ? Baissez la release. Le son semble trop frontal et nerveux ? Augmentez la release. En faisant varier ce paramètre, vous soulignerez davantage la blanche, la noire, la croche ou la double-croche de votre morceau.
Note : certains sites comme Tuneform vous proposent de convertir le tempo de votre morceau en millisecondes. Vous pouvez ainsi synchroniser vos réglages de compression à la noire, croche ou double-croche de votre morceau. Même si ces réglages peuvent constituer de bons points de départ, une vérification à l’oreille reste primordiale. Un léger décalage lié à votre écoute sera parfois plus musical qu’une valeur arbitraire.
À quel point faut-il compresser ?
Il n’y a pas de règle explicite sur la compression. Certains tutoriels recommandent de ne pas dépasser 5 à 7 décibels d’atténuation. En réalité, les limites dépendent de l’esthétique du morceau, des préférences exprimées au mixage, et de la prise de son. Certains éléments sont d’ailleurs parfois compressés dès l’enregistrement.
Essayez plusieurs ratios et ajustez votre compression au treshold. Si vous sentez une trop grande différence de volume entre votre signal avant et après compression, utilisez le make-up gain pour rétablir l’équilibre.
On ne le répétera jamais assez : si vous doutez encore de vos réglages après cette première approche de la compression, pratiquez avec les compresseurs fournis gratuitement dans votre DAW ! Faites confiance à vos oreilles et aidez-vous d’un mixage de référence si vous en ressentez le besoin.

Laisser un commentaire