La position d’un microphone dans l’espace peut faire une énorme différence sur votre son. Elle déterminera si la source que vous enregistrez vous paraît proche, lointaine, brillante, chaleureuse, douce ou agressive. Pour optimiser la sensibilité d’un micro à son environnement, vous pourrez parfois ajuster sa directivité.
Micros et diagrammes polaires
La directivité d’un micro exprime la manière dont il capte le son autour de lui. On observe sa sensibilité à l’avant, à l’arrière et sur les côtés grâce à une représentation graphique : le diagramme polaire.

Il faut imaginer le microphone au centre d’un cercle. Les courbes à l’intérieur de ce cercle expriment la réponse en décibels de votre micro, selon la provenance du son qu’il enregistre. Le diagramme souligne quatre provenances possibles :
- l’avant du micro à 0° ;
- l’arrière du micro à 180° ;
- les côtés du micro à 90° et 270°.
On distingue trois catégories principales : les micros omnidirectionnels, cardioïdes et bidirectionnels.
Les micros omnidirectionnels

Comme leur nom l’indique, ces micros perçoivent les sons de la même façon, peu importe leur direction d’origine. Dans la pratique, on mesure la directivité du micro à une fréquence donnée (souvent le 1000 Hz) ; il est rare qu’un microphone soit complètement omnidirectionnel.
Ce type de directivité peut être utile pour capter l’ambiance d’une pièce (la room) ; il faut néanmoins faire attention à leur grande sensibilité, susceptible d’amplifier un même son en boucle jusqu’à saturation (larsen).
Les micros cardioïdes, supercardioïdes et hypercardioïdes



Ces micros ont une sensibilité accrue à l’avant et rejettent plus ou moins les sons en provenance de l’arrière. En résulte un diagramme polaire en forme de cœur, d’où leur nom.
Cette directivité connaît plusieurs variantes, ce qui impacte la position de l’angle mort du microphone. Ce dernier se trouve à :
- 180° pour un micro cardioïde ;
- 126° pour un micro supercardioïde ;
- 110° pour un micro hypercardioïde.
Le mode de directivité cardioïde est souvent utilisé en studio d’enregistrement pour capturer précisément une source. Cela permet notamment de réduire les effets de repisse (ou bleeding), traduits par le débordement du son des autres instruments dans la prise. Les problèmes de repisse sont fréquents lorsque vous enregistrez un groupe avec une batterie.
Les micros bidirectionnels ou à figure en 8

Ces micros tirent leur nom du tracé de leur diagramme polaire. Ils sont bidirectionnels ; ils sont ainsi sensibles à deux directions : l’avant et l’arrière.
Cette particularité leur permet de capter précisément une source tout en ramenant le son de la pièce où elle est enregistrée. Il est par exemple possible d’utiliser cette directivité pour donner de la profondeur au son direct d’un ampli de guitare ou de la largeur à une prise stéréo.
Note : plus la directivité d’un microphone est marquée, plus il sera sensible à l’effet de proximité qui renforce les basses fréquences lorsque la distance à la source est réduite.
Types de micro et directivité
Certaines directivités sont davantage représentées au sein d’un type de micro. Si vous ne connaissez pas les différentes familles de microphones, vous pouvez consulter cet article. Ainsi, on pourra souvent voir des micros dynamiques cardioïdes ou des micros à ruban bidirectionnels.
Du côté des micros à condensateur, aussi appelés micros statiques ou électrostatiques, plusieurs modèles à large membrane vous laisserons choisir un mode de directivité. C’est le cas du Neumann U 87, par exemple.
D’autres modèles comme l’AKG C 414 vous permettront également de réduire la sensibilité de l’appareil grâce à une fonction pad (face à une source naturellement forte) ou avec un filtre coupe-bas si vous souhaitez éviter de capter trop de graves.
En jonglant avec différentes sortes de micros, plusieurs placements et en naviguant entre les directivités, vous gagnerez un degré de précision supplémentaire dans l’enregistrement de vos productions musicales.

Laisser un commentaire