Guide pratique 2024 : utiliser et choisir une carte son de studio

Pièce maîtresse du studio, la carte son (aussi appelée interface audionumérique) permet l’enregistrement et la lecture du son par votre ordinateur. Mais que se cache-t-il derrière ces petits boîtiers  ?

L’utilité d’une carte son externe

La carte son interne de votre ordinateur est pensée pour gérer l’audio de façon fonctionnelle. Elle est souvent insuffisante dans la production musicale. Une interface externe spécialisée offre plusieurs avantages dont :

  • une meilleure conversion audio ;
  • un processeur (DSP) consacré au son ;
  • des entrées et sorties pour vos micros, instruments, ou votre monitoring (enceintes, casque…), ainsi que des connectiques pour multiplier ces dernières (ADATS/PDIFAES/EBU…).

Comment fonctionne une carte son ?

La carte son contient plusieurs convertisseurs audionumériques :

  • d’un côté, il y a l’ADC  (Analog to Digital Converter), aussi appelé CAN (Convertisseur Analogique Numérique) en français ; il échantillonne le son pour le stocker sur un certain nombre de bits. Le nombre de bits (16, 24, 32 ou 64) détermine l’amplitude maximale que le signal peut atteindre lors de l’enregistrement. Il s’agit de l’écart entre le niveau sonore le plus bas et le plus élevé.
  • Le DAC (Digital to Analog Converter) ou CNA (Convertisseur Numérique Analogique) fait, quant à lui, l’inverse : il restitue un signal électrique à partir d’un fichier numérique pour lui permettre de passer dans une enceinte.

Votre carte son vous donnera le choix entre plusieurs fréquences d’échantillonnage pour l’enregistrement. Comme l’oreille humaine entend en théorie de 20 à 20 000 Hertz, le standard pour reproduire fidèlement le son a longtemps été 44,1 kHz, soit un peu plus du double de cette plage. Cela signifie que l’interface capture 44 100 échantillons du signal à la seconde.

Aujourd’hui, les cartes son permettent d’augmenter cette résolution et vous donnent le choix du 48 kHz, du 96 kHz, voire du 192 kHz selon vos besoins. Attention à bien rester consistant dans la résolution de votre projet musical.

Comment utiliser sa carte son ?

Vous l’avez compris : toute votre installation (ordinateur, hauts-parleurs, casque, instruments) s’organise autour de votre carte son. Il faut donc respecter un certain ordre d’allumage pour indiquer aux différents éléments connectés qu’elle leur servira d’horloge de référence. Pensez également à télécharger et installer le driver correspondant à votre modèle de carte.

On commencera logiquement par démarrer l’interface audio. Ce sera ensuite le tour de l’ordinateur, puis des enceintes. Elles sont les dernières à être allumées pour éviter que la membrane ne claque en captant le signal interférant d’un appareil au démarrage.

À noter que certaines cartes son fonctionnent uniquement en USB, sans alimentation sur secteur. Dans ce cas, il est bien sûr possible d’allumer l’ordinateur avant la carte.

En ce qui concerne l’utilisation elle-même, la plupart des interfaces proposent plus ou moins les mêmes outils :

  • une ou plusieurs entrées au format jack 6,35 mm pour vos instruments ;
  • une ou plusieurs entrées XLR pour vos micros ;
  • des sorties aux deux formats pour vos enceintes ou vos inserts ;
  • un réglage de pré-ampli pour adapter votre niveau d’enregistrement ;
  • un pad pour baisser le niveau d’entrée si celui-ci est déjà trop fort au niveau minimum du pré-ampli ;
  • une alimentation fantôme ou 48 V.

L’alimentation fantôme sert à fournir la tension électrique nécessaire au fonctionnement de certains microphones ; en général, il s’agit de micros à condensateur comme le Rode NT1, que l’on retrouve beaucoup en home studio.

Il vaut mieux enclencher ce petit bouton « +48V » lorsque la piste qui a besoin de l’alimentation fantôme est en mode « mute ». Mais le plus important est d’éviter de l’utiliser sur des micros à ruban ; la mise sous tension les ferait tout simplement griller.

Enfin, gardez à l’esprit qu’une carte son cause une certaine latence si vous souhaitez enregistrer et vous écouter en même temps. Pour la réduire au minimum lors de la prise, réglez dans votre logiciel d’enregistrement la taille de la mémoire tampon (buffer size) sur une valeur basse comme 64 ou 128. Repassez sur une valeur élevée comme 1024 pour traiter votre audio enregistré. Notez aussi que certains modèles de cartes son récents ont une fonction de monitoring direct qui permet de réduire la latence de votre retour casque à la prise.

Choisir son interface audio

Le choix de votre carte son dépend de votre budget, de votre espace et de ce que vous comptez enregistrer.

Les modèles les plus compacts sont généralement limités à une ou deux entrées. Vous ne pourrez donc brancher que deux sources simultanément. Cette configuration peut suffire pour enregistrer des éléments piste par piste, des maquettes en guitare / voix, un livestream ou un podcast. On peut citer les interfaces suivantes :

  • Behringer U-Phoria UMC202HD – 85 € ;
  • Arturia MiniFuse 2 White – 139 € ;
  • Universal Audio Volt 2 – 169 € ;
  • Focusrite Scarlett 2I2 G4 – 194 € ;
  • SSL 2+ – 249 € ;
  • Antelope Zen Q Synergy Core USB – 499 € ;
  • Universal Audio Apollo Twin X USB Heritage – 982 €.

Si vous souhaitez enregistrer des groupes en live, optez plutôt pour des cartes avec un minimum de huit entrées (plus volumineuses). Voici quelques exemples :

  • Behringer UMC1820 (18 entrées) – 266 € ;
  • Presonus Studio 1824C (8 entrées) – 396 € ;
  • Focusrite Scarlett 18I20 G3 (18 entrées) – 499 € ;
  • Steinberg UR816C (8 entrées) – 629 € ;
  • Arturia Audiofuse 16rig (16 entrées) – 1 239 € ;
  • Antelope Discrete 8 Pro (8 entrées) – 1 399 € ;
  • Universal Audio Apollo X6 Heritage edition (16 entrées) – 2 599 €.

Les différences de prix entre ces modèles peuvent s’expliquer par la qualité de leurs convertisseurs respectifs et de leurs composants, ou par des fonctionnalités exclusives à certaines interfaces. Pas d’inquiétude, il est parfaitement possible d’obtenir des résultats professionnels à prix abordables. Conclusion : pensez d’abord à votre besoin !

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