Dans un précédent article expliquant comment monter son home studio dès 100 € de budget, on insistait sur l’importance du DAW (Digital Audio Workstation) ou STAN (Station de Travail Audionumérique).
Le DAW est tout simplement le logiciel que vous utiliserez pour enregistrer, arranger et mixer votre musique. Souvent à mi-chemin entre une table de mixage et un banc de montage, c’est un des éléments clés de votre environnement de travail. Mais lequel choisir en MAO (musique assistée par ordinateur) ? Voici quelques caractéristiques des programmes les plus utilisés.
Ableton Live
Ableton Live a une petite particularité : sa fenêtre de mixage comprend un sampler sur chaque piste. Il est possible de superposer différentes séquences audio sur une même piste pour les lancer en live, dans le contexte d’un enregistrement ou d’un concert.
Le logiciel repose principalement sur un système de glisser-déposer. Il est très instinctif d’ajouter des effets sur une piste ou de sélectionner un instrument. En cela, ce DAW s’adresse aussi bien aux musiciens débutant dans le monde de la production musicale qu’aux producteurs confirmés.
Le piano roll d’Ableton, cette section où l’on peut programmer les notes jouées par un instrument virtuel, est d’ailleurs très accessible. On y trouve la fonction « Scale Figure » qui indique les notes disponibles dans la gamme de votre morceau, et quelques raccourcis d’édition comme la lecture inversée de l’audio ou le changement de vitesse de lecture.
Enfin, notons qu’Ableton Live est fourni avec une banque de son conséquente et un certain nombre de presets intéressants pour commencer immédiatement à faire de la musique, sans trop se perdre en considérations techniques. La dernière version inclut également une séparation de stems qui permet d’isoler les instruments dans un sample déjà mixé.
Cubase
Edité par Steinberg, cette STAN fonctionne de manière plus classique. On retrouve une vue mixage traditionnelle et une vue arrangement. Un inspecteur de piste permet d’avoir une vision clair du chemin du son pour chaque instrument.
En termes d’instruments virtuels, les musiciens y trouvent leur compte. Groove Agent, la boite à rythmes du logiciel, propose par défaut des motifs intéressants pour débuter un titre. Un menu « sample control » facilite également l’édition de clips audios. Enfin, le programme comprend son propre outil de correction vocale manuelle.
Au niveau du piano roll, Cubase propose un traitement du MIDI fluide. Les fonctionnalités essentielles sont présentes. Le système de Chord Pads permet d’y programmer une suite d’accords de manière extrêmement rapide.
Côté technique, Steinberg a muni sa station de travail d’outils d’analyse et de traitements audio performants. Le DAW présente un bon équilibre entre une approche compo et une approche mixage.
FL Studio
FL Studio fonctionne selon un système d’arrangement de patterns. Dès l’ouverture, l’interface encourage à programmer un motif rythmique. La composition et l’arrangement sont au cœur de son ergonomie.
On retrouve cette attention dans le piano roll qui comporte plusieurs fonctions extrêmement pratiques : placement automatique de notes, options de pitch et d’articulation, accords prédéfinis… L’affichage en transparence d’autres piano roll et de fichiers audio est aussi un véritable plus pour l’édition.
FL Studio propose un environnement de travail fluide. Les connexions entre les pistes se font de manière très visuelle. Toutefois, cette STAN se destine principalement aux beatmakers. Certaines options présentes sur d’autres logiciels, comme la possibilité de compiler plusieurs prises en une piste, restent absentes.
GarageBand
C’est le DAW fourni par défaut à l’achat d’un Mac. Il est également disponible sur tablette. GarageBand est un bon logiciel pour les musiciens qui découvrent la production musicale. Il s’ouvre sur un choix de plusieurs templates décrivant plusieurs profils d’artistes.
Cette STAN n’a qu’une fenêtre principale. On se contente donc d’une vue arrangement. Au delà de cet inconvénient, GarageBand est assez complet pour une entrée en la matière, avec une banque de son, des presets et des plugins de base corrects.
Logic Pro
Considéré souvent comme le grand frère de GarageBand, ce DAW est exclusif à Mac. Les deux programmes partagent plusieurs fonctionnalités, étendues chez Logic Pro. On y retrouve certains presets et le fonctionnement selon trois pistes : audio, drummer et MIDI.
Logic propose une banque de sons complète et de nombreux instruments virtuels. La section Drummer permet de décider du type de batterie et du batteur souhaité pour le morceau. L’édition des sons est facilitée par un « smart control », permettant d’accéder rapidement aux paramètres d’un ensemble de traitements audio.
Au niveau du MIDI, Logic Pro reste flexible, permettant d’ajuster note par note l’articulation (le mode de jeu) de l’instrument virtuel. D’autres options d’édition rapide sont rapidement accessibles comme la transposition. Le programme offre la souplesse d’agir sur une portion de la piste ou sur son intégralité.
Le programme regorge de possibilités appréciables comme la possibilité d’y enregistrer ses paroles au format texte ou la séparation de stems. À noter néanmoins qu’il n’utilise que des plugins au format AU. Un bémol mineur puisque le format est souvent pris en compte.
Pro Tools
C’est la référence studio. Un DAW optimisé pour le mixage et pour l’édition audio… Mais pas tellement pour la composition. Les dernières versions se rattrapent avec l’ajout de pedalboards virtuels et de quelques synthétiseurs, ainsi que d’une version allégée de Melodyne pour la correction vocale. Il faut aussi noter l’ajout récent d’une fenêtre de composition rapide, Pro Tools Sketch, qui reprend le fonctionnement du séquenceur d’Ableton.
Les musiciens pourront également compter sur quelques classiques : le DB-33, imitation de l’orgue Hammond et sa cabine Leslie ; Boom, une boîte à rythme, ou encore XPand!2 qui contient tout de même quelques sons sympathiques.
Du reste, Pro Tools reste un incontournable couteau suisse pour les ingénieurs du son. Une STAN recommandée à ceux qui n’ont pas peur d’une approche légèrement plus technique de la MAO.
Reaper
D’une certaine façon, Reaper est le DAW le plus souple dans la mesure où il dispose de nombreuses options de personnalisations et de fonctionnalités exclusives.
Il est par exemple possible d’intégrer une vidéo, une image et du son sur la même track, de traiter son écoute sans affecter les fichiers audio ou de réenregistrer plusieurs portions espacées d’une même piste en une seule fois.
Cette souplesse se retrouve dans la configuration de raccourcis pour à peu près n’importe quelle action. Le design de l’interface peut également s’adapter au mode de travail de l’utilisateur.
S’il fallait trouver un défaut à Reaper, ce serait peut-être ses trop grandes possibilités. Les différents paramétrages implique de se perdre dans les méandres de menus interminables. Ajoutons qu’il est assez pauvre en instruments virtuels. Il reste néanmoins un des DAW les plus abordables et les plus complets pour son prix.
Studio One
Il s’est imposé ces dernières années comme l’un des DAW offrant la meilleure résolution de travail. Studio One intègre plusieurs caractéristiques de la concurrence. Il reprend entre autre l’inspecteur de pistes, les templates de session ou l’intégration de paroles.
Les dernières versions proposent un mode « show » qui permet au DAW de gérer une performance scénique. Cette fonctionnalité est plus proche d’une console de live que d’un séquenceur à la manière d’Ableton.
Studio One propose des boucles audios et plusieurs instruments virtuels. Comme Pro Tools, il intègre Mélodyne. La STAN reprend aussi quelques outils de beatmaking : un système de patterns rythmiques et une fonction permettant de générer rapidement des accords.
Il dispose aussi d’outils intéressants pour le mastering, qu’il s’agisse d’analyseurs de spectres ou de programmes permettant d’encoder des métadonnées sur le titre. Un DAW compétent qui permet la MAO sans y être pleinement dédié.
Conclusion
La plupart des DAW reposent sur le même fonctionnement. La différence se joue sur leur ergonomie, leur offre en plugins et en banques de sons, mais aussi sur votre besoin. Plusieurs STAN proposent des versions d’essai pour vous familiariser avec leur interface. Optez pour un DAW sur lequel vous êtes à l’aise.
Pour finir, voici une liste des différents programmes cités dans cette liste selon leur gamme de prix :
- Pro Tools- abonnement annuel de 99 à 589 €
- FL Studio – 99 à 599 €
- Ableton Live – 79 à 599 €
- Cubase – 99,99 à 579 €
- Studio One – 89 à 333 €
- Logic Pro – 229,99 €
- Reaper – environ 55 à 200 €
- GarageBand – gratuit (sous couvert d’acheter un Mac).

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